Une obstruction des vaisseaux sanguins au niveau cardiaque peut mener à un infarctus du myocarde, qui, s’il n’est pas traité rapidement, peut être mortel. Toutefois, les risques pour les femmes ne se limitent pas à cela; elles peuvent également être affectées par des problèmes tels que les accidents vasculaires cérébraux, la thrombose veineuse, l’embolie pulmonaire (voir détails ci-après) ou la maladie artérielle périphérique. Cette dernière représente une part importante des consultations en angiologie. «On discute souvent des problèmes cardiaques, mais les artères périphériques sont moins souvent évoquées, bien que l’athérosclérose (voir plus bas) puisse affecter n’importe quelle artère du corps», explique le Dr Cédric Bron, spécialiste en angiologie à Lausanne.
L’athérosclérose, aussi connue sous le nom d’artériosclérose, se manifeste par l’accumulation de dépôts graisseux, de calcium et de cellules inflammatoires sur la paroi interne des artères, entraînant leur rétrécissement ou leur blocage. Les symptômes et conséquences de cette maladie varient selon les artères touchées.
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Aussi dans les jambes
La circulation sanguine peut être compromise par les plaques d’athérome non seulement au niveau du cœur et du cerveau, provoquant des AVC, mais aussi au niveau de la carotide (dans le cou) et des membres inférieurs (dans les jambes). C’est ce qu’on appelle la maladie artérielle périphérique (MAP), dont la prévalence mondiale a augmenté de plus de 25% selon l’étude Global Burden of Disease Study (2019)*. «Le risque de développer cette maladie augmente avec l’âge et est plus élevé chez les femmes», note la Pr Lucia Mazzolai, directrice du Département cœur-vaisseaux et du Service d’angiologie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). L’étude montre que la prévalence de la MAP est plus élevée chez les femmes et continue d’augmenter, avec une hausse de 17% entre 1990 et 2019.
La MAP se manifeste souvent par des douleurs dans les jambes, semblables à des crampes. «Elles surviennent généralement après avoir marché une certaine distance, forçant l’individu à s’arrêter, et réapparaissent après avoir parcouru la même distance. Elles peuvent également se produire la nuit, obligeant la personne à se lever et à marcher un peu», décrit le Dr Bron. Cependant, la maladie peut parfois être atypique et asymptomatique. «Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de ne présenter aucun symptôme de douleur dans les jambes (12,9% contre 9,4%), précise la Pr Mazzolai. De plus, les symptômes atypiques chez les femmes peuvent être incorrectement diagnostiqués comme de l’arthrite, une neuropathie ou une sténose spinale (rétrécissement du canal rachidien), car ces conditions sont plus fréquentes chez elles.» Une fois diagnostiquées, les femmes présentent un taux de mortalité double, la maladie étant souvent plus avancée.
Une menace silencieuse
Pourquoi une telle disparité entre les sexes? Les facteurs de risque sont identiques pour les deux genres, incluant le diabète, le tabagisme, l’hypertension artérielle, la sédentarité, et l’hypercholestérolémie. Cependant, les femmes ayant eu des complications pendant la grossesse sont davantage à risque de développer prématurément des maladies cardiovasculaires, y compris la MAP. «Des études montrent que l’hypertension pendant la grossesse est un facteur de risque indépendant pour la MAP des années plus tard, même après ajustement pour d’autres facteurs contributifs», affirme la spécialiste du CHUV. L’ostéoporose chez les femmes ménopausées est également un facteur, la MAP étant plus fréquente chez celles présentant une fragilité osseuse. La ménopause elle-même contribue à la fragilisation de la santé vasculaire et à une augmentation générale des risques vasculaires, due à la hausse des taux d’hypertension et de diabète suite à l’arrêt de la fonction ovarienne.
Malgré ces risques, la MAP reste souvent sous-diagnostiquée, surtout en l’absence de symptômes évidents. Pour prévenir des complications, il est crucial de rechercher activement cette maladie par le dépistage et la gestion des facteurs de risque, ainsi que par des examens vasculaires préliminaires (mesure de la pression artérielle au niveau de la cheville par un angiologue).
L’enjeu est majeur : «Les femmes atteintes de maladie artérielle périphérique ont, tout comme les hommes, un risque quatre fois plus élevé de subir un événement cardiovasculaire (infarctus ou AVC) que ceux présentant les mêmes facteurs de risque mais sans MAP», conclut la Pr Mazzolai.
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