Depuis 2023, un nouveau test diagnostique non invasif pour l’endométriose a été introduit sur le marché, générant un grand intérêt. Voici ce qu’il en est en réalité.
Le processus de diagnostic de l’endométriose est souvent complexe et prolongé. Il peut s’écouler de nombreuses années entre l’apparition des premiers symptômes et l’établissement du diagnostic. L’introduction d’un test salivaire a suscité une vague d’espoir considérable. L’entreprise qui a développé ce test prétend qu’il pourrait révolutionner la manière de diagnostiquer l’endométriose. Cependant, la Dre Antonella Martino, gynécologue aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), tempère ces affirmations en précisant que « ce n’est pas exactement le cas ». Elle ajoute que bien que le test soit disponible à l’achat en ligne, il est conseillé de l’utiliser dans un contexte de consultation spécialisée, particulièrement quand les évaluations cliniques et radiologiques initiales n’ont pas permis de confirmer le diagnostic. Son utilisation doit donc être évaluée au cas par cas.
Dans les centres spécialisés comme le Centre de l’endométriose des HUG, le diagnostic suit un protocole bien défini. « Nous commençons par une consultation détaillée pour déterminer si la patiente présente des symptômes caractéristiques de l’endométriose », explique la Dre Martino. Ce processus inclut un examen gynécologique approfondi, qui intègre souvent une échographie endovaginale pour détecter les éventuelles lésions d’endométriose. Un examen par IRM pelvienne complète souvent le bilan pour identifier des lésions sur d’autres organes, comme l’intestin ou le diaphragme.
Toutefois, pour l’endométriose péritonéale, où les lésions sont petites et superficielles, les examens cliniques et d’imagerie peuvent s’avérer insuffisants. Dans ces cas, une laparoscopie, une procédure chirurgicale minimale, est nécessaire pour obtenir un diagnostic définitif. « Cette intervention a un double but : diagnostique et thérapeutique. Elle permet non seulement de visualiser et d’exciser les lésions, mais aide aussi à identifier d’autres sources potentielles de douleur », précise la gynécologue.
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Des questions encore sans réponses
Alors, comment le test salivaire s’intègre-t-il dans ce processus diagnostique rigoureux ? « À l’HUG, nous n’utilisons pas ce test de manière routinière puisque l’entretien et les examens complémentaires sont généralement suffisants pour poser un diagnostic », affirme la Dre Martino. La plupart du temps, la maladie est diagnostiquée sans recourir au test. Cependant, le test peut être envisagé dans des situations où il est difficile de détecter les lésions par des méthodes d’imagerie chez les patientes présentant des symptômes. Un résultat positif au test nécessite toujours une confirmation par laparoscopie. « Bien que le test apporte des informations additionnelles, il ne change pas nécessairement la stratégie de prise en charge. Toutefois, toute progression dans la recherche sur l’endométriose est bienvenue, étant donné que cette maladie a longtemps été négligée », continue-t-elle.
Le lancement du test s’appuie sur une étude impliquant 200 patientes symptomatiques âgées de 18 à 43 ans. Une seconde étude portant sur 1000 patientes a confirmé les résultats de la première, mais plusieurs aspects doivent encore être clarifiés, notamment l’efficacité du test sur les formes asymptomatiques de la maladie et sur les différents types d’endométriose.
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