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Comprendre les débuts des troubles psychiques chez les jeunes
Identifier les premiers symptômes des troubles psychiques est crucial, surtout quand on sait que 75% de ces troubles commencent entre 16 et 25 ans. Une intervention précoce peut significativement atténuer le risque de développer un épisode psychotique et minimiser ses conséquences sur la vie future de l’individu.
Les jeunes adultes et les adolescents sont particulièrement vulnérables aux troubles psychiques. Selon le Professeur Marco Armando, qui dirige l’Unité d’hospitalisation psychiatrique pour adolescents et la plateforme d’évaluation du risque psychotique chez les jeunes au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), la plupart des premières psychoses se manifestent entre 16 et 25 ans, et peuvent s’étendre jusqu’à 35 ans. La psychose inclut divers troubles, tels que la schizophrénie, le trouble bipolaire, et la dépression majeure avec symptômes psychotiques.
Un épisode psychotique aigu peut se manifester par des hallucinations (auditives comme des voix, ou visuelles), des délires, ou une désorganisation du comportement et de la parole. Ces symptômes peuvent se développer sur plusieurs mois ou années, rendant leur détection précoce difficile. « Au début, la personne peut remettre en question ses perceptions mais perd progressivement cette capacité de discernement, acceptant ces expériences comme réelles », explique le Professeur Armando.
Signes précurseurs à surveiller
Le silence est souvent la première réaction face à ces expériences. « Au début, on ne parle pas de ce que l’on ressent car on pense être le seul à vivre cela. On se sent différent, on craint de devenir fou et de préoccuper nos proches », dit le Professeur Armando. Un changement brusque dans le comportement d’un jeune doit interpeller son entourage, y compris les parents, enseignants et amis. Par exemple, un adolescent normalement sociable qui devient reclus, qui refuse d’aller à l’école seul, qui évite les transports en commun, qui montre de l’irritabilité, a des troubles du sommeil ou des difficultés de concentration, mérite une attention particulière. « Ces signes ne sont pas exclusifs mais il est recommandé de discuter avec l’enfant ou de consulter un spécialiste », conseille le psychiatre.
Le psychologue scolaire peut être un premier point de contact. Des unités cliniques de prise en charge ambulatoire existent également, comme au CHUV, où des équipes pluridisciplinaires interviennent. La sévérité des symptômes ou la présence d’autres troubles mentaux peut nécessiter une visite aux urgences psychiatriques, mais cela devrait rester une solution de dernier recours.
Intervenir sans tarder
Bien que 10% des adolescents puissent expérimenter des symptômes tels que des hallucinations sans développer une psychose, ces signes peuvent indiquer une détresse psychique et potentiellement annoncer un trouble psychotique. À savoir que 25% des jeunes répondant aux critères d’un syndrome psychotique atténué peuvent développer un trouble psychotique complet dans les 24 à 36 mois. La détection précoce est donc essentielle pour prévenir la chronicité de la psychose et réduire son impact sur le fonctionnement du jeune. « Nous adoptons des modèles de prise en charge proactive, proposant des interventions personnalisées adaptées aux difficultés spécifiques de chaque adolescent », indique le pédopsychiatre. Selon les besoins, divers professionnels tels que psychologues, éducateurs, infirmiers et enseignants peuvent être sollicités.
Un épisode psychotique, même bref, peut interrompre la vie d’un jeune pendant quelques semaines ou mois, mais l’objectif reste sa réintégration sociale et scolaire. « Un seul événement peut être difficile, mais il est comparable à d’autres défis de la vie. Toutefois, un second épisode ou une aggravation des symptômes peut entraîner des dysfonctionnements à long terme », prévient le spécialiste. Il est crucial de détecter les symptômes précocement pour améliorer le pronostic. Le psychiatre rassure: « Souffrir d’un épisode psychotique ne préjuge en rien de l’incapacité à mener une vie réussie et épanouissante. Il est important de reconnaître que les troubles psychiques sont des maladies comme les autres et qu’on n’en est pas responsable », conclut-il.
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